Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/84

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Çà et là, un fantôme éploré traîne ses chaînes et pousse des cris lugubres, que les hiboux et les chacals répètent en écho. Les dieux s’enfuient à la hâte, laissant leur protégé se défendre tout seul ; c’est d’une poltronnerie insigne.

L’attaque commence ; les marteaux, les javelots, les pieux enflammés, les chaudrons d’huile bouillante, les quartiers de roc sont lancés sur l’arbre ; mais, ô miracle ! ces engins meurtriers retombent en pluie de fleurs aux pieds du sage, qui montre à ses ennemis un visage dont rien ne peut troubler la sérénité. Mâra change alors de système. Il promet à Siddhârtha de lui donner tous les royaumes de la terre, s’il veut renoncer à l’Intelligence suprême. Pour toute réponse le démon n’obtient qu’un sourire dédaigneux. « Qu’as-tu donc fait, s’écrie-t-il furieux, pour arriver ainsi à la délivrance ? — Mâra, pendant des centaines d’existences, j’ai pratiqué la première des vertus : la charité. — Soit, mais n’ayant aucun témoin pour appuyer ta parole, reconnais-toi vaincu. — Tu t’abuses, allié de tout ce qui est dans le délire ; au besoin, la terre parlera pour moi. »

Et soudain le sol s’entr’ouvre ; la déesse de la terre, sous la forme d’une belle et gracieuse femme, vient rendre témoignage