Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/88

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


bourdonnent, le printemps est venu ; tout respire l’amour et tu restes insensible ! Tu t’abuses étrangement en repoussant les joies du désir, semblable à l’homme qui s’enfuit après avoir trouvé un trésor. Tu es jeune et beau ; jette au loin le triste accoutrement des Mounis, et livre-toi à nos caresses. »

Filles du démon, vous pourriez parler ainsi des centaines d’années. Séduisez donc l’homme qui porte sur sa chair le linceul d’une morte ; pour lui, le présent n’est qu’un mirage, une illusion des sens ; l’avenir redoutable est seul devant ses yeux. Les belles femmes qui sont à ses pieds, il se les représente courbées par l’âge, assaillies par les infirmités ; sous ces peaux satinées, il voit circuler les vers, et le temps réduire en poussière ce que les hommes ont adoré.

Les Apsaras humiliées se relèvent, et s’en vont tout conter à leur père, qui prend fort mal la chose.

« L’ignorant, le fou, il n’a donc pas vu votre beauté ! »

Les folles ont déjà oublié leur déconvenue ; elles espèrent se rattraper ailleurs, mais Mâra est inconsolable. Les dieux le raillent sans pitié :

« Pauvre Mâra, disent-ils, te voilà rêveur, comme une vieille cigogne aux