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battre si c’eût été par suite de leur grade ou de leur expérience.

Cette question en provoque une autre.

Dollard avait-il l’intention de s’établir à Montréal, ou ne voulait-il qu’y séjourner temporairement ?

Une brève allusion, dans un document classifié récemment, autorise, croyons-nous, à présumer qu’il voulait demeurer ici et qu’il avait même obtenu une concession ou une promesse de concession de M. de Maisonneuve.

En effet, le 2 mai 1661, le gouverneur de Montréal concède à M. de Belestre, une terre de trente arpents « tirant vers Sainte-Marie, à commencer proche le fleuve ». [1]

Cette terre est sise entre celle de Jean Valliquet dit Laverdure et celle de Paul Benoit dit le Nivernois.

M. de Belestre la reçoit à charge d’y bâtir maison et payer entre autres choses « à la succession de feu Adam Dollard, la somme de 79 livres, 10 sols, pour 53 journées d’hommes que le défunt a employé à faire travailler sur la dite concession. »

La terre que nous venons de mentionner avait déjà été cédée à Silvestre Vacher dit Saint-Julien, le 10 mai 1659.

Celui-ci n’en avait joui que peu de temps, car il se fit tuer par les Iroquois en octobre 1659, vers le lac aux Loutres (aujourd’hui, partie Sud du quartier Notre-Dame de Grâce).

Dollard n’en eut donc la propriété, tout au plus, que cinq mois, exactement comme le premier concessionnaire.

Il nous a paru qu’on aimerait à savoir où se trouvait ce lopin de terre et voici le résultat de nos recherches.

M. de Belestre acquit le concession de son voisin Valliquet et le tout, après plusieurs transactions successives fut acheté par MM. Georges Fullum et Louis Parthenais qui ont laissé leurs noms à deux rues traversant ces biens-fonds.

  1. Nous reproduisons cette pièce plus loin.