Page:Massicotte - Faits curieux de l'histoire de Montréal, 1922.djvu/171

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Durant trois ou quatre ans, j’ai interrogé ou fait interroger, dans le comté de Laprairie, une dizaine de vieillards qui avaient chanté ou entendu chanter ce morceau dans leur jeunesse. Trois ont pu m’en donner un couplet, toujours le même, ce sont : Madame Éliza Cardinal, épouse de Siméon Létourneau, âgée de 70 ans ; Mme Marie Lemieux-Picaron, épouse de Ludger Berthiaume, âgée de 77 ans et Mme Lefebvre, âgée de 83 ans. Une autre, Mme Hermine Audet, veuve Larichelière, née à Laprairie en 1844 et aveugle depuis 1911, m’en a fourni quatre couplets. Mais la palme appartient à M. François-Xavier Senécal, âgé de 70 ans, né à Laprairie et qui demeure maintenant à Pont-Viau, île Jésus. Ce septuagénaire a retenu dix-neuf couplets de la fameuse complainte ! Il les a appris de son grand-père, François Senécal, de Laprairie, vers 1858.

Enfin, M. Joseph-Albert Richard, mécanicien de Montréal, aussi âgé de 70 ans, et né à Sainte-Martine, comté de Châteauguay, m’a fourni un apport intéressant. Son père, Louis Richard, né à Cap-Saint-Ignace en 1807, demeurait à Saint-Hyacinthe, lorsque la catastrophe se produisit en 1819 et c’est là qu’il entendit la complainte