Page:Maupassant, Des vers, 1908.djvu/46

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Elle se mit à rire. – Et comment se fâcher,
Se débattre et défendre aux lèvres d’approcher
Lorsqu’on rit ? Un instant de gravité perdue
Plus qu’un cœur embrasé peut sauver un amant !

Le rossignol chantait dans son arbre. La lune
Du fond du ciel serein recherchait vainement
Nos deux ombres au mur et n’en voyait plus qu’une.


Le Mur a paru dans la Revue moderne et naturaliste de janvier 1880.

Le texte, assez différent d’ailleurs en certains passages, est brusquement interrompu après le vers :

Nous vîmes un spectacle étonnant et comique,

par une ligne de points. De toute la fin de la pièce, on n’a laissé subsister que l’avant-dernier paragraphe, suivi à son tour par une ligne de points. Puis vient une Note de la Rédaction, que voici :

« Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que nous sommes de plus en plus immoraux. Un procès nous menace. Dans cette situation et jusqu’à ce que nous soyons définitivement fixés par arrêt authentique sur notre valeur morale, nous sommes dans un grand état d’anxiété. Les choses les plus inoffensives prennent à nos yeux des dimensions processives. C’est pourquoi, par mesure d’extrême prudence, et pour ne pas aggraver notre cas, nous nous vovons obligés, à notre grand regret, de mutiler les beaux vers de M. Guy de Maupassant.

« Notre collaborateur se consolera en se remémorant les aventures de son parent M. Flaubert, dont un chef-d’œuvre. Madame Bovary, eut l’honneur d’être traduit en cour d’assises. Telle est la grâce que nous nous souhaitons. »

Il est à remarquer que le procès dont il est fait mention est celui-là même qui provoqua la lettre de Flaubert et auquel il ne fut pas d’ailleurs donné suite.