Page:Maupassant - Œuvres posthumes, I, OC, Conard, 1910.djvu/247

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FINI.


Le comte de Lormerin venait d’achever de s’habiller. Il jeta un dernier regard dans la grande glace qui tenait un panneau entier de son cabinet de toilette et sourit.

Il était vraiment encore bel homme, bien que tout gris. Haut, svelte, élégant, sans ventre, le visage maigre avec une fine moustache de nuance douteuse, qui pouvait passer pour blonde, il avait de l’allure, de la noblesse, de la distinction, ce chic enfin, ce je ne sais quoi qui établit entre deux hommes plus de différence que les millions.

Il murmura :

— Lormerin vit encore !

Et il entra dans son salon, où l’attendait son courrier.

Sur sa table, où chaque chose avait sa place, table de travail du monsieur qui ne travaille jamais, une dizaine de lettres attendaient à côté de trois journaux d’opinions différentes. D’un seul coup de doigt il étala toutes ces lettres, comme un joueur qui donne à choisir une carte ; et il regarda les écritures, ce qu’il faisait chaque matin avant de déchirer les enveloppes.