Page:Maupassant - Œuvres posthumes, I, OC, Conard, 1910.djvu/312

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ŒUVRES POSTHUMES.

grande cheminée, comme pour y voir des choses mystérieuses, tout l’inconnu de l’existence qu’il aurait pu vivre s’il avait été plus hardi devant la souffrance.

Il reprit d’une voix plus basse :

— J’ai eu raison. Je n’étais point fait pour ce monde.

La comtesse ne disait rien ; enfin, après un long silence, elle prononça :

— Moi, si je n’avais pas mes petits-enfants, je crois que je n’aurais plus le courage de vivre.

Et le curé se leva sans dire un mot de plus.

Comme les domestiques sommeillaient dans la cuisine, elle le conduisit elle-même jusqu’à la porte qui donnait sur le jardin et elle regarda s’enfoncer dans la nuit sa grande ombre lente qu’éclairait un reflet de lampe.

Puis elle revint s’asseoir devant son feu et elle songea à bien des choses auxquelles on ne pense point quand on est jeune.



FIN