Page:Maupassant - Contes de la bécasse, 1894.djvu/24

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II


J’étais alors rédacteur en chef du Fanal des Charentes ; et je voyais Morin, chaque soir, au Café du Commerce.

Dès le lendemain de son aventure, il vint me trouver, ne sachant que faire. Je ne lui cachai pas mon opinion : « Tu n’es qu’un cochon. On ne se conduit pas comme ça. »

Il pleurait ; sa femme l’avait battu ; et il voyait son commerce ruiné, son nom dans la boue, déshonoré, ses amis, indignés, ne le saluant plus. Il finit par me faire pitié, et j’appelai mon collaborateur Rivet, un petit homme goguenard et de bon conseil, pour prendre ses avis.

Il m’engagea à voir le procureur impérial, qui était de mes amis. Je renvoyai Morin