Page:Maupassant - En rôdant, paru dans Le Gaulois, 14 février 1883.djvu/2

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EN RÔDANT



L’omnibus descendait au grand trot la rue des Martyrs. Deux hommes, deux amis, étaient assis côte à côte, et causaient.

C’étaient deux ouvriers, de ces ouvriers de Paris, doués d’une intelligence étroite et subtile, très pénétrante et très bornée. Ils parlaient politique.

L’un d’eux dit :

— Les députés ne savent pas ce qu’ils font. On dirait une assemblée de fous.

L’autre reprit :

— Tant mieux, cela déconsidère toujours le gouvernement.

Ne voilà-t-il pas ce qu’on appelle un signe des temps ?