Page:Maupassant - En rôdant, paru dans Le Gaulois, 14 février 1883.djvu/8

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Et tous rapportaient dans leur famille une haine pour le régiment, une exaspération profonde, une joie ardente d’en avoir fini.

Et je pensais : sur dix de ceux qu’on appelle des volontaires, neuf au moins rentrent chez eux avec ce dégoût et cette colère. Et ceux-là sont des bourgeois, des riches, des puissants. Ne voilà-t-il pas un effroyable danger, la fin de l’esprit militaire, l’agonie du patriotisme ?

Ces garçons-là qui auraient marché bravement en cas de guerre ne voudront plus, pour rien au monde, entrer dans un régiment, coucher à la chambrée, vivre de la vie du troupier.

Le volontariat tuera l’armée en France.

Pourquoi ? Parce que cette loi, qui semble juste, de l’égalité sous le drapeau est maladroite.