Page:Maupassant - Le Respect, paru dans Le Gaulois, 22 avril 1881.djvu/6

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À tout seigneur tout honneur : l’Académie. — Eh bien ! oui, je la respecte, je respecte les gens qui ont encore le courage de s’y présenter. Les plaisanteries sur ce sujet sont usées.

L’autorité. — Mais l’autorité n’est instituée que pour faire respecter la loi. Or, comment voulez-vous que je respecte le bâillon qu’on me met sur la bouche ? Je crains la loi et je lui obéis sans cesse ; mais, la respecter, c’est autre chose. Si j’avais le malheur d’ouvrir, seulement une fois, mais entièrement, le robinet de mes pensées, de dire mon sentiment sur tout et mon mépris libre pour toutes les hypocrisies respectées, pour toutes les bassesses, les friponneries, les saletés, les infamies acceptées, glorifiées, saluées, je serais bien certain de passer trois mois, sinon plus, entre les murs de Sainte-Pélagie.

Aussi je me tais.