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LA ROUILLE.

n’y avait-on pas encore songé ? On chercha toute la soirée parmi les veuves qu’on connaissait, et le choix s’arrêta sur une femme de quarante ans, encore jolie, assez riche, de belle humeur et bien portante, qui s’appelait Mme Berthe Vilers.

On l’invita à passer un mois au château. Elle s’ennuyait. Elle vint. Elle était remuante et gaie ; M. de Coutelier lui plut tout de suite. Elle s’en amusait comme d’un jouet vivant et passait des heures entières à l’interroger sournoisement sur les sentiments des lapins et les machinations des renards. Il distinguait gravement les manières de voir différentes des divers animaux, et leur prêtait des plans et des raisonnements subtils comme aux hommes de sa connaissance.

L’attention qu’elle lui donnait le ravit ; et, un soir, pour lui témoigner son estime, il la pria de chasser, ce qu’il n’avait encore jamais fait pour aucune femme. L’invita-