Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/89

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Mais le père Oriol déclara :

— Plus qu’elle est chaude, plus que t’iras bien.

Une voix dit, derrière le marquis :

— Qu’est-ce que c’est que cela ?

Et M. Aubry-Pasteur, soufflant toujours, s’arrêta, au retour de sa promenade quotidienne.

Alors Andermatt expliqua son projet de guérison.

Mais le vieux répétait :

— Bougrre, qu’elle est chaude !

Et il voulait sortir, demandant de l’aide pour le tirer de là.

Le banquier finit par le calmer en lui promettant vingt sous de plus par bain.

On faisait cercle autour du trou où flottaient les haillons grisâtres dont était couvert ce vieux corps.

Une voix dit :

— Quel pot-au-feu ! Je n’y tremperais pas une soupe.

Un autre reprit :

— La viande non plus ne m’irait guère.

Mais le marquis remarqua que les bulles d’acide carbonique semblaient plus nombreuses, plus grosses et plus vives, dans cette nouvelle source que dans celle des bains.

Les loques du vagabond en étaient couvertes, et ces bulles montaient à la surface en telle abondance que l’eau paraissait traversée par des chaînettes innombrables, par des chapelets infinis de tout petits diamants ronds, le grand soleil du plein ciel les rendant claires comme des brillants.