Page:Maupassant - Yvette.djvu/242

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PROMENADE


Quand le père Leras, teneur de livres chez MM. Labuze et Cie sortit du magasin, il demeura quelques instants ébloui par l’éclat du soleil couchant. Il avait travaillé tout le jour sous la lumière jaune du bec de gaz, au fond de l’arrière-boutique, sur la cour étroite et profonde comme un puits. La petite pièce où depuis quarante ans il passait ses journées était si sombre que, même dans le fort de l’été c’est à peine si on pouvait se dispenser de l’éclairer de onze heures à trois heures.

Il y faisait toujours humide et froid ; et les émanations de cette sorte de fosse où s’ouvrait la fenêtre entraient dans la pièce obscure, l’emplissaient d’une odeur moisie et d’une puanteur d’égout.

M. Leras, depuis quarante ans, arrivait, chaque