Page:Maupassant - Yvette.djvu/300

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patrie des magistrats, orgueil de la magistrature, qui devrait être bien plutôt la patrie des médecins. »

Je demandai : « Pourquoi ? »

Il répondit, en riant : « Pourquoi ? Retournez ce nom et vous avez mori, mourir… Voilà jeune homme, pourquoi je me suis installé dans ce pays. » Et, ravi de sa plaisanterie, il m’entraîna en se frottant les mains.

Dès que j’eus avalé une tasse de café au lait, il fallut visiter la vieille cité. J’admirai la maison du pharmacien, et les autres maisons célèbres, toutes noires, mais jolies comme des bibelots, avec leurs façades de pierre sculptée. J’admirai la statue de la Vierge, patronne des bouchers, et j’entendis même, à ce sujet, le récit d’une aventure amusante que je conterai un autre jour, puis le docteur Bonnet me dit : « Maintenant je vous demande cinq minutes pour aller voir une malade, et je vous conduirai sur la colline de Chatel-Guyon, afin de vous montrer, avant le déjeuner, l’aspect général de la ville et toute la chaîne du Puy-de-Dôme. Vous pouvez m’attendre sur le trottoir, je ne fais que monter et descendre. »

Il me quitta en face d’un de ces vieux hôtels