Page:Maupassant Bel-ami.djvu/371

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tendresse. Il riait, heureux de tout, tandis qu’elle demeurait songeuse et un peu sévère.

C’était un jour d’automne assez froid. La foule semblait pressée et marchait à pas rapides. Du Roy conduisit sa femme devant la boutique où il avait regardé si souvent le chronomètre désiré.

— Veux-tu que je t’offre un bijou ? dit-il.

Elle murmura, avec indifférence :

— Comme il te plaira.

Ils entrèrent. Il demanda :

— Que préfères-tu, un collier, un bracelet, ou des boucles d’oreilles ?

La vue des bibelots d’or et des pierres fines emportait sa froideur voulue, et elle parcourait d’un œil allumé et curieux les vitrines pleines de joyaux.

Et soudain, émue par un désir : — Voilà un bien joli bracelet.

C’était une chaîne d’une forme bizarre, dont chaque anneau portait une pierre différente.

Georges demanda : — Combien ce bracelet ?

Le joaillier répondit : — Trois mille francs, monsieur.

— Si vous me le laissez à deux mille cinq, c’est une affaire entendue.

L’homme hésita puis répondit : — Non, monsieur, c’est impossible.

Du Roy reprit : — Tenez, vous ajouterez ce chronomètre pour quinze cents francs, cela fait quatre mille, que je payerai comptant. Est-ce dit ? Si vous ne voulez pas, je vais ailleurs.

Le bijoutier, perplexe, finit par accepter.

— Eh bien ! soit, monsieur.

Et le journaliste, après avoir donné son adresse,