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XVI

LE CABINET D’UN GRAND CHEF À LA PRÉFECTURE.


Bon nombre de mystères de la vie parisienne aboutissent d’une manière plus ou moins directe aux couloirs de la préfecture de police.

C’est dans un des sanctuaires les plus ténébreux de cette redoutable administration que nous conduirons le lecteur, sans aucune description préalable des lieux que des événements néfastes ont bouleversés.

Il y avait à la préfecture de police, sous l’empire, un bureau qui avait fini par centraliser les affaires les plus importantes du cabinet. Ce bureau était confié à un chef de division, homme actif, vigoureux, bien en cour, qui s’était érigé peu à peu une sorte de pachalik où il disposait dans sa plénitude de cette portion d’arbitraire qu’expliquent certaines considérations particulièrement délicates de l’ordre social ou de l’intérêt privé.

Recherches à faire dans l’intérêt des familles, perquisitions instantanées pour ne pas laisser dépérir le corps d’un délit, arrestation d’un personnage compromettant ou d’une fille trop habile à exploiter les passions d’un mineur, expéditions nocturnes dans les