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chasses et voyages au congo

sa sobriété, la simplicité de sa vie, lui permettent de vivre avec et comme les indigènes, et de tuer le commerce des autres blancs, en vendant à des prix auxquels ses concurrents, qui ont plus de besoins que lui, ne peuvent pas lutter. Pour être juste cependant il ne faut pas trop généraliser ; il s’agit ici du déchet de la population. Il y a des Grecs au Soudan comme il y a des Portugais au Congo, qui sont devenus des grands seigneurs du, commerce, par des moyens parfaitement légitimes, et parmi ceux qui n’ont pas réussi, les minables, j’en ai connu, qui ont parcouru avec leur pacotille les régions les plus malsaines et les plus dangereuses, armés de leur seul courage, en accomplissant des prouesses dont bien des explorateurs se vanteraient.

Le Mombaza que j’ai visité est anglais. Des gazons tondus comme en Angleterre, et des fleurs qu’on croirait être les mêmes que là-bas, tant elles en ont pris la forme et les couleurs. Seuls les baobabs aux troncs énormes et aux membres atrophiés ; poussahs ventrus qui contemplent leurs nombrils sans remuer ni une branche ni une feuille, donnent un caractère exotique à l’île… car Mombaza quoique solidement ancré à la terre ferme fait l’impression d’une île, verte et britannique, l’eau bleue scintille à travers tous ses interstices, entre les buissons fleuris dans les jardins des cottages, par-dessus les terrains de golf et de tennis. Des clubs de canotage, de natation, de football, le long de tous les chemins ; de la mauvaise cuisine et ce qui vaut mieux des hôtels admirablement compris et tenus, comme on désirerait en trouver partout… Hélas ! nous en reparlerons !

Les Anglais sont nos Maîtres à tous en matière de colonisation, et pour peigner les villes, ils n’ont pas leurs pareils.

Zanzibar, le 15 novembre 1928.

Nous stoppons devant Zanzibar, l’île des essences et des parfums. Deux heures pour visiter. Sa spécialité sont