Page:Meignan - Les évangiles et la critique au XIXe siècle, 1864.djvu/132

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126 LES ÉVANGILES.

Quelqu’inviolable et profond que soit notre respect pour les écrits du Nouveau Testament, et malgré l’inestimable prix que nous attachons à ces archives sacrées, nous devons déclarer, au nom de la vérité, que les écrits inspirés par le Saint-Esprit aux apôtres saint Matthieu et saint Jean, et aux disciples de Pierre et de Paul, saint Marc et saint Luc ne sont point tout dans l’économie chrétienne, qu’il existe en matière de foi, de morale et de discipline une autorité antérieure aux évangiles, une règle de foi plus adéquate à la révélation du Christ, un juge plus propre à décider les controverses, une garantie plus sûre de la discipline ecclésiastique : cette autorité, cette règle de foi, ce juge, cette garantie, c’est l' Eglise enseignante. Les écrits du Nouveau Testament ne sont point l'acte constituant de l’Eglise. Les Evangiles apparaissent relativement tard. Il y avait longtemps que les disciples de Jésus-Christ récitaient le Pater lorsque ce divin formulaire fut écrit ; il y avait longtemps que les apôtres baptisaient au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, quand ces paroles sacramentelles furent déposées dans un livre ; il y avait longtemps que les hommes apostoliques prêchaient, gouvernaient au nom du Christ et que l’Eglise, en un mot, était constituée lorsque nos Evangiles furent rédigés et publiés. Ceux-ci n’ont vu le jour que quinze, vingt, trente et soixante ans après l’ascension du Seigneur. Bien des chrétiens sont donc morts dans la foi parfaite, dans l’Eglise catholique complète , sans les avoir connus. Non-seulement une foule d’Eglises vécurent longtemps