Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/13

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Tout Paris sait que j’ai été un peu plus que du dernier bien avec Blanche Taupier.


GARDEFEU.

Blanche Taupier m’a aimé comme elle sait aimer… Tout Paris sait que Blanche Taupier m’a aimé.


BOBINET.

Un matin, Blanche Taupier et moi demeurions alors tous les deux à Ville-d’Avray… Blanche me dit : Petit Bob, si nous invitions à dîner ton ami Gardefeu…


GARDEFEU.

Blanche était à Ville-d’Avray ; elle m’écrit : venez demain à une heure, il n’y sera pas ; en sortant de chez vous, recommandez à votre domestique de dire que vous devez bientôt rentrer.


BOBINET.

Je réponds : soit, invitons Gardefeu. Elle me dit : va le chercher à Paris, il est chez lui à une heure, ne reviens pas sans lui… je pars.


GARDEFEU.

J’arrive à Ville-d’Avray, je trouve Blanche, je ne trouve pas Bobinet, je lui dis : comment avez-vous fait pour l’éloigner ?


BOBINET.

J’arrive chez Gardefeu… son domestique me dit : monsieur va rentrer à l’instant. Il était une heure ; j’attends ; deux heures arrivent, puis trois heures… J’attendais toujours…


GARDEFEU.

Blanche me répond : j’ai pris un moyen très-simple… j’ai dit au petit Bob d’aller vous chercher à Paris, et de ne pas revenir sans vous.


BOBINET.

Enfin, à quatre heures, je me décide à m’en aller tout seul, je retourne à Ville-d’Avray, et je le trouve installé.


GARDEFEU.

Vers cinq heures il est revenu ; je lui ai ait : tiens, pendant que tu étais chez moi, j’étais chez toi ; c’est très-drôle !


BOBINET.

Je ne l’ai pas trouvée drôle !