Page:Meister - Betzi.djvu/232

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consolation, me pardonnerais-je de l’affliger du sentiment le plus pénible ? Serait-ce lui rendre en effet les services qu’il m’a prodigués avec tant de confiance et d’amour que de lui proposer de les accepter, à la seule condition qui l’obligerait à les dédaigner, à les haïr ? Non, les dettes du cœur, c’est le cœur seul qui peut les acquitter ; si je suis malheureuse, je ne le serai pas du moins par le remord de n’avoir pas adouci l’infortune d’un homme qui m’a comblée de biens, qui seul m’a rendu capable du sacrifice que je vais lui faire. — Oh ! comme je m’applaudis aujourd’hui, mon cher Séligni, de ce qui m’a souvent désolée, du beau systême qui vous a toujours défendu de m’aimer avec plus d’abandon !

Séligni rougit. — Hélas ! il n’avait jamais moins mérité cette espèce de