Page:Mercure de France, t. 77, n° 278, 16 janvier 1909.djvu/28

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aao MERCVRE DK FRANCE— 16-1 -1909 LÀ FLAMME ET LES CENDRES 1 Je t’ai vu, je t’ai va, adolescent, dans les soirs ivre Pleurer, gémir, crier ta fièvre dans le vent, J’ai vupeser sur toi la main dont nul ne se délivre Du désir éternel,amer et décevant. Je connais cette angoisse et celte immense inquiétude QuiJont vide le cœur et que, les mains tendues, On attire sur soi dans une étreinte ardente et rude Des visages de rêve et des images nues... Et parce que l’on n’a pressé contre son cœur brûlant Que le reflet d’une ombre et Combre d’un nuage, On est saisidun grand dégoût, si désespérément, Qu’on désire dormir l’éternité de l’âge. Un trouble violent est dans le sang, brûle nos veines, Un malaise nous prend, nous blesse, nous remue: C est la vie qui s’éveille en nous, vibrante, forte, pleine Comme l’aurore apparaissant parmi la nuel C’est le désir multiple, ardent, nombreux, farouche et vif. Qui nous dévore avec laforce d’un regret. Parce que nous restons la chair morne, Vesprit pensif Ainsique des oiseaux perchés sur un cyprès...