Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1811 - Tome 20.djvu/18

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était déjà chrétien lorsqu’il écrivit les Éthiopiques ; car on y remarque beau coup d’expressions empruntées des écrivains ecclésiastiques. Il fut, dans la suite , evêque de Tricca , ville de la Thessalie ; et il introduisit dans cette province la coutlume de déposer les ecclésiastiques qui continueraient à vivre avec leurs épouses depuis leur ordination. Nicéphore Colliste raconte qu’un svnode voulut obliger Héliodore à brûler lui-même son roman intitulé ou bien à quitter son évêché, et qu’il prit ce dernier parti ; mais ce conte a déjà été réfuté par Bayle, Il ne nous reste de lui que ce roman intitulé, Ethiopiques, ou les Amours de Théagène et de Chariclée , que d’habiles critiques placent au premier rang par- mi les ouvrages que les Grecs nous ont laissés dans ce p;enrc. Il est plein de détails très intéressants sur l’état de l’Égypte à cette époque ; et le style en est clair et naturel. Les meilleures éditions sont celles de Commelin, gr. lat. , 1596, in-8°. ; de Bourdelot, Paris, 1619, in-8°., avec des notes peu importantes ; de M. Mitscherich, Strasbourg , 1806 , in-8°, deux volumes, qui forment le 2e. et le 3e. de la collection des romans grecs : mais la meilleure de toutes est celle que M. Coray a publiée, Paris, 1804, in-8, deux volumes. Le tome premier contient le texte, avec une préface en grec moderne, adressée à Alexandre Basili, qui a fait les frais de l’édition. Les notes, écrites en grec ancien , forment le second volume. La traduction du roman d’Héliodore est le premier ouvrage de notre célèbre Amyot. Elle parut d’abord à Paris, 1549 , in-fol. Amyot revit ensuite le texte grec sur des manuscrits ; et l’exemplaire qu’il avait corrigé se conserve à la bibliothèque de Ste.-Geneviève. il corrigea alors sa traduction, dont il donna une nouvelle édition à Paris, 1559, in-fol. Elle a été réimprimée deux ou trois fois depuis ; et elle a ensuite été abandonnée pour des traductions plus modernes, qui ne la valent pas à beaucoup près. Elle est assez difficile à trouver maintenant ; et il serait à souhaiter qu’on la réimprimât avec des notes.


HÉLIOGABALE, ou Élagabale (Varius-Antomnus ), empereur romain, l’un des princes qui ont laissé la mémoire la plus odieuse, et dont le nom rappelle l’assemblage des vices les plus monstrueux, naquit à Antioche, vers l’an 204, d’un commerce criminel de Caracalla avec sa nièce Sémiamied ou Soœmias. Son aïeule maternelle, Mœsa, le fit élever secrètement, et le plaça, à l’âge de cinq ans, dans le temple du soleil à Emèse, afin qu’il y fut instruit dans les lettres et les préceptes de la religion. Le mystère de sa naissance répandait un cer tain intérêt sur cet enfant ; et la protection de Mœsa lui fit obtenir le rang de grand-prêtre. Macrin , parvenu à l’empire par le meurtre de Caracalla, ne sut point ménager l’esprit des soldats, auxquels il devait son élévation. Sa trop grande sévérité excitait des plaintes dont le peuple attendait en silence les effets. L’ambitieuse Mœsa profita habilement de cette disposition des troupes ; elle séduisit les chefs par des présents, et gagna les soldats en leur montrant, dans Héliogabale, le fils de Caracalla qu’ils regrettaient ; et il fut proclamé empereur par la légion campée autour d’Emèse. Héliogabale, on doit en convenir, parut un instant digne de ce choix : il n’hésita pas à se mettre à la tête de cette poignée d’hommes armés pour venger la mort de son père ; et il déploya un rare courage