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ADA

Barnabos. Lorsqu’en 1390 éclata la guerre de Florence et de Bologne contre les Visconti et leurs alliés, les Florentins opposèrent a l’habile Jacques Del Verme, général des confédérés ennemis, Acuto et 6,000 hommes de cavalerie, et Jean III, comte d’Armagnac, qui devait en amener 4,000 dans la Lombardie. Acuto, sans doute auteur du plan de campagne, s’était avancé jusqu’à Brescia et a 4 milles de Milan (1391). Les deux chefs devaient éviter tout engagement important jusqu’à leur jonction. L’imprudence du comte d’Armagnac sous Alexandrie, sa déconfiture, sa mort, compromirent singulièrement Acuto, qui fit retraite vers la plaine véronaise et assit son camp sur un tertre. Del Verne, qui le suivait, lâcha les digues qui retenaient les eaux de l’Adige, et fit ainsi du poste d’Acuto une île, puis lui envoya, par un trompette, un renard enfermé dans une cage. L’Anglais répondit que le renard n’avait pas l’air triste et savait sans doute comment s’échapper. Effectivement, il partit en plein jour avec ses 6,000 chevaux, ayant de l’eau jusqu’au poitrail, glissant sans cesse dans la fange et le limon, marcha ainsi toute une journée d’été et une partie de la nuit, parvint a Castelbaldo sur la digue de l’Adige, passa ce fleuve à sec, et revint en Toscane à peu près sans perte. Acuto mourut peu de temps après cette expédition. P-ot.


ADA, reine de Carie, fille d’Hécatomnus, épousa Hydriéus, son frère, selon la coutume des Cariens, et, après la mort d’Artémise, régna pendant 7 ans sur la Carie, conjointement avec son frère et son époux. Ce prince étant mort (344 avant J.-C.), les Cariens, conformément à sa dernière volonté, déférèrent l’autorité à Ada, qui gouverna seule pendant quatre ans ; mais Pexadorus, le plus jeune de ses frères, voulant régner à son tour, se ménagea l’appui du satrape Orontobatès, favori du roi de Perse, et se fit accorder l’investiture du royaume de Carie. Ada se défendit avec courage ; dépouillés enfin de ses États, elle se retira dans la forteresse d’Alinde, et s’y maintint jusqu’à l’arrivée d’Alexandre en Asie. Lorsque ce prince victorieux pénétra dans la Carie, Ada vint à sa rencontre et implora son secours. Alexandre chassa le satrape Orontobatès, et remit Ada en possession de son royaume, l’an 334 avant J.-C. Sensible à ce bienfait, Ada adopta Alexandre, dans la vue de l’établir son héritier ; mais Plutarque n’est point d’accord avec Arrien à ce sujet. Il soutient que l’adoption fut faite par Alexandre, qui depuis appela Ada sa mère. Pendant le séjour qu’il fit en Carie, cette princesse eut soin de lui envoyer les mets les plus recherchés, et lorsqu’il quitta le royaume, elle lui fit présent de ses plus habiles cuisiniers. On ne sait pas à quelle époque mourut Ada, qui fut la dernière reine de Carie. B-p.


ADAD. L’Écriture fait mention de plusieurs personnages de ce nom. Le premier, descendant d’Ésaü, successeur d’Husam dans le royaume d’Idumée, régnait à Arith ; il défit les Madianites dans le champ de Moab. Le second était un prince du sang royal d’Idumée, qui échappa dans son enfance au massacre de tous les mâles de cette contrée, ordonné par Joab. Il se réfugia en Égypte, où le Pharaon l’accueillit, et lui fit épouser la sœur de sa femme. Après la mort de David et de Joab, Adad retourna en Idumée, monta sur le trône de ses pères, fit la guerre à Salomon, exerça de grands ravages sur ses terres, et servit d’instrument à la vengeance de Dieu, pour punir ce prince de son idolâtrie. Le troisième Adad fut le dernier roi d’Idumée, successeur de Balanam. Le nom d’Adad, ou d’Adab, était commun à tous les rois de Syrie. T-d.


ADAIR (James-Makittrick), médecin, né en Écosse, s’est distingué par son habileté dans sa profession et par sa libéralité. Une excessive présomption et la susceptibilité de son caractère l’entrainèrent malheureusement dans des querelles multipliées avec plusieurs de ses contemporains, notamment avec Ph. Thicknesse (voy. ce nom), qui n’était pas d’humeur plus pacifique. Adair, longtemps établi à Bath, fut ensuite médecin du commandant en chef et des troupes coloniales à Antigoa. Les vicissitudes de sa vie et la guerre de plume qu’il eut à soutenir ne l’empêchèrent pas d’atteindre un âge très-avancé. Il mourut à Harrowgate, dans le comté d’York, en 1802. Quelques particularités de sa vie et de ses démêlés se trouvent dans un de ses écrits publié en 1790 : Anecdotes sur un médecin métaphoriquement défunt, par Benjamin Goosequil, etc., in-8°. Parmi d’autres productions de sa plume nous citerons : 1" Conseils aux valétudinaires, spécialement à ceux qui fréquentent les eaux de Bath, 1786, et avec des additions, 1787 ; 2° Objections sans réplique contre l’abolition de la traite des noirs, 1789, in-8°. L’auteur fut interrogé sur ce sujet par le conseil privé. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que la réplique n’a pas manqué à ses objections. 3° Essai sur les maladies à la mode (fashionable diseases), 1789, in-8°. L.


ADALARD, ou ADALHARD, né vers l’an 753, eut pour père le comte Bernard, fils de Charles Martel, et fut ainsi neveu de Pepin le Bref, et cousin germain de Charlemagne. Élevé à la cour, il s’en dégoûta, et embrassa la profession monastique à Corbie, en 772. Le désir d’une plus grande obscurité l’engagea à quitter ce monastère pour celui du mont Cassin ; mais la cour de France le rappela, et, quelques années après son retour à Corbie, il en fut élu abbé. Ses talents et ses qualités le firent nommer conseiller et principal ministre de Pepin, en 796. Lorsque Charlemagne donna à ce prince le royaume d’Italie, Adalhard gouverna avec tant de sagesse, qu’il conserva son rang auprès de Bernard, fils et successeur de Pepin. Cependant Charlemagne le rappelait quelquefois en France pour se servir de ses lumières. Après la mort de ce prince, il fut victime de la jalousie de quelques courtisans : Louis le-Débonnaire l’exila dans l’ile de Héro, aujourd’hui Noirmoutier. Sa disgrâce s’étendit sur toute sa famille. Rappelé sept ans après, en 821, Adalhard reprit son abbaye de Corbie, et fut même admis à la cour. Il parut avec distinction à l’assemblée des états qui se tint à Compiègne, en 822. La même année, il établit la célèbre abbaye de Corwey, ou la Nouvelle-