Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 - Tome 1.djvu/566

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
550
ALZ

gastriques, et de l’italien celui de Berlinghieri sur les maladies vénériennes. J-d-n.


ALYPIUS, d’Antioche, architecte et ingénieur, vivait nous le règne de Julien l’Apostat, auquel il dédia une description géographique de l’ancien monde. On a cru reconnaitre de cette géographie dans un abrégé très-court que Godefroy a publié ; pour la première fois, en grec et en latin, à Genève, 1628, in-4° ; mais rien ne prouve que l’ouvrage soit d’Alypius. Au reste, ce prétendu texte grec, publié par Jacques Godefroy, a été forgé d’après la traduction latine, qui est très-ancienne et très-mal faite. On voit, par les lettres de Julien qui nous sont restées, qu’Alypius était poëte, et qu’il avait commandé en Angleterre, où sa douceur et sa fermeté lui avaient fait beaucoup d’honneur. Ce fut lui que Julien chargea de faire reconstruire le temple de Jérusalem ; mais le ciel sembla se déclarer contre cette entreprise, et les ouvriers, épouvantés par les feux que la terre ébranlée vomissait autour d’eux, furent contraints d’abandonner leurs travaux. Huit ans après, Alypius fut accusé, avec un nombre infini d’autres personnes, d’avoir eu recours à la magie pour savoir quel serait le successeur de Valens ; il fut banni, et tous ses biens furent confisqués. Dans son exil, il eut la consolation d’apprendre que son fils Hiéroclès, accusé avec lui et condamné à mort, avait été sauvé d’une manière inespérée. Cet infortuné avait été appliqué à la torture, et tellement maltraité qu’il n’avait plus rien d’intact. On le conduisait au dernier supplice, lorsque le peuple, ému de pitié, demanda sa grâce à l’empereur, et l’obtint. L-S-e.


ALYPIUS, philosophe d’Alexandrie, en Égypte, contemporain de Jamblique, était fort petit, et peu au-dessus de la taille d’un pygmée ; mais il avait l’esprit très-subtil, et était un dialecticien habile, à ce que dit Eunapius, qui, pour en donner la preuve, rapporte une question qu’il fit à Jamblique. Ces deux philosophes s’étant rencontrés, Alypius lui dit : « Tout riche est, ou injuste lui-même, ou fils d’un homme injuste, qu’en pensez-vous ? » Cette question absurde parut si subtile à Jamblique qu’il n’y répondit pas, mais rechercha la connaissance d’Alypius. Il donnait ses leçons de vive voix, et n’avait jamais rien écrit. Il mourut dans sa patrie, à un âge très-avancé, et Jamblique écrivit sa vie. C-r.


ALYPIUS, auteur grec, dont il nous reste un traité, ou plutôt, un fragment sur la musique ; la meilleure édition est celle que Meibomius a donnée, en grec et en latin, dans le recueil intitulé : Antiquæ musicæ Authores aeptem, Amstelod., 1652, 2 vol. in-4°. On ne sait pas à quelle époque a vécu cet Alypius ; on croit cependant qu’il était un peu antérieur à Ptolémée. C-r.


ALZATE Y RAMIREZ (don Joseph-Antoine), astronome et géographe mexicain distingué, illustra sa patrie dans le 18e siècle, fit un grand nombre d’observations astronomiques, surtout relativement aux éclipses des satellites de Jupiter. il eut un autre mérite très-réel, celui de savoir exciter ses compatriotes à l’étude des sciences physiques. La Gazeta de literatura, qu’il publia longtemps à Mexico, contribua beaucoup à donner à la jeunesse mexicaine le goût des sciences et des bonnes études. Alzate avait embrassé l’état ecclésiastique ; c’était un observateur d’une activité souvent impétueuse ; aussi lui reproche-t-on d’avoir été peu exact, et de s’être livré à trop d’objets à la fois. Il, était correspondant de l’académie des sciences de Paris. Outre ses travaux astronomiques, on a de lui : 1° Nouvelle carte de l’Amérique septentrionale, dédiée à l’académie royale des sciences de Paris 1768 ; 2° Estado de la Géografia de la Nueva Espana, y modo de perfecionarla, Periodico de Mexico, dicemb. 1772, n. 7, p. 55 ; 3° Mapa del Arzobispado de Mexico : c’est une carte manuscrite dessinée en 1768, revue par l’auteur en 1772, mais peu estimée ; 4° Lettres sur différents objets d’histoire naturelle, adressée à l’académie des sciences de Paris, et imprimée dans la relation du voyage de Chappe ; 3° Mémoire sur la limite des neiges perpétuelles, au volcan Pexocatexetl. Alzate a encore corrigé la carte de la vallée (environs) de Mexico, dressée par don Carlos de Siguenza. B-p.


AMABLE (Saint), curé de ltions en Auvergne, dans le 5e siècle, et le patron de cette ville. Selon Grégoire de Tours, il mourut en 464, et fut enterré à Clermont ; mais d’autres écrivains prétendent qu’il mourut en 475, et que son tombeau fut placé dans l’église de St Benigne, à Riom. Grégoire de Tours rapporte qu’il exerçait un grand pouvoir sur les serpents ; et il affirme en avoir vu lui-même un exemple remarquable. L’abbé Faydit dit aussi que depuis treize cents ans, on a vu de nombreux effets de ce pouvoir miraculeux. D-t.


AMAC, célèbre poëte persan, du 5e siècle de l’hégire (14e de J.-C.), surnommé Bokharaï, ce qui semble indiquer qu’il était né à Bokhara. Il jouit d’une grande faveur auprès de Kheder-Kan, qui avait rassemblé à sa cour beaucoup de poëtes et d’hommes célèbres, dont Amac était comme le chef ; ce qui attira sur lui des regards d’envie. Amac avait effectivement beaucoup plus profité que tous ses rivaux de la faveur et des bienfaits du prince. Il possédait un nombre considérable d’esclaves de l’un et de l’autre sexe, et avait dans ses écuries jusqu’à trente chevaux de main richement enharnachés. Rachydy, poëte persan, ainsi célèbre que lui, et dont il était le protecteur, vint à bout, par ses intrigues, de le supplanter à la cour. Vers la fin de sa carrière, Amac rentra en faveur, sous le règne du sultan Sandjar. Ce prince, profondément affligé de la mort de sa sœur Mohi-mulk, ne pouvait trouver aucun poête qui célébrât dignement les qualités de celle qu’il pleurait ; il se ressouvint du poëte Amac, et lui ordonna de composer une élégie. Amac était alors dans un âge très-avancé, et en proie aux infirmités de la vieillesse. Il obéit cependant, et composa une élégie qui, au jugement de Sandjar, prince spirituel et bon littérateur, était supérieure à toutes celles qu’on lui avait présentées. La princesse pour laquelle l’élégie fut composée était morte jeune et dans la saison du printemps. Amac saisit ce rapprochement, facile sans doute, mais dont l’effet était