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AMO

et partagea sa vie entre l’enseignement, le saint ministère et les travaux du cabinet. Il mourut en 1774. On a de lui, outre plusieurs volumes de sermons estimés, 1° Dialogue sur la dévotion, 1733 et 1746, in-8° ; 2° Notice sur la vie et les écrits de M. Grove, en tête de ses Œuvres posthumes, 1740 ; 3 ° Système de philosophie morale de Grove, revu et développé, 1749 ; 4° Mémoires du docteur sur Benson, en tête de son Histoire du christian. ; 5° Mémoires de Samuel Chandler. — Un autre Thomas Amory, fils d’un conseiller d’État du roi Guillaume, a donné lui-même des détails sur sa vie et ses opinions, dans un livre intitulé la Vie de John Buncle, 1756, in-8°. Il fit ses études à l’université de Dublin. Ayant adopté la doctrine des unitaires, elle devint pour lui la mesure du mérite des personnes avec lesquelles il était en contact. Sa vie, dès sa jeunesse, s’était écoulée loin des hommes, au milieu des livres, et cette habitude d’isolement n’avait vraisemblablement pas peu contribué à lui faire contracter cette bizarrerie, pour ne pas dire plus, qui se décèle dans ses écrits. Un premier volume intitulé : Mémoires contenant les vies de quelques dames de la Grande- Bretagne, observations sur la religion chrétienne telle qu’elle était professée par l’Église établie et par les dissidents de toute dénomination, etc., en forme de lettres, 1755, in-8°, devait être suivi d’un second, où il aurait donné des détails très-précieux sur le célèbre docteur Swift, qu’il avait, dit-il, connu mieux qu’aucun de ses amis, excepté la malheureuse Stella ; mais ce volume n’a point paru. Quant aux dames qui sont l’objet des mémoires, on présume qu’elles n’ont existé que dans l’imagination de l’auteur : elles sont toutes belles, savantes, spirituelles, pieuses, et surtout zélées unitaires comme lui. La Vie de John Buncle parut en 1756 et 1766, 2 vol. in-8°, et fut imprimée depuis en 4 vol. in-12. Buncle se trouve, dès l’âge de dix-huit ans, par un incident bien romanesque, en tête à tête avec une jeune demoiselle qui pâlit sur une Bible hébraïque, et qui, lorsqu’il commence à lui déclarer son amour, l’interroge sur la langue que parlait Adam dans le paradis terrestre. Une dissertation qu’elle fait ensuite sur la tour de Babel et la confusion des langues le ravit au point qu’il ne peut se retenir de la prendre dans ses bras, et d’appliquer une demi-douzaine de baisers sur sa bouche embaumée. Amory mourut en 1789. L.


AMOS, le 3e des petits prophètes dans les Bibles ordinaires, et le second dans les Septante, place qu’il parait plus convenable de lui assigner, parce qu’ayant exercé sa mission sous les règnes d’Osias, roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d’Israël, il doit être mis avant Joël, qui occupe le second rang, quoiqu’il n’ait paru qu’après le dernier de ces princes. Amos t’appartenait point à ces troupes d’hommes inspirés qui se rendirent célèbres sous la conduite d’Élie et d’Élisée ; son état ne semblait pas même le destiner à cet auguste ministère ; il gardait les troupeaux, et cultivait des sycomores dans les champs de Thécué. lorsqu’il reçut sa mission, vers l’an 780 avant J.-C. Il prophétisa à Béthel, où était le siége principal de l’idolâtrie, annonçant à Jéroboad la ruine de sa maison et la captivité de tout Israël, s’il persistait dans le culte des faux dieux. Amasias, prêtre des idoles, s’apercevant de l’impression que les discours du prophète faisaient sur le peuple, et craignant pour la sûreté de son temple, l’accusa devant le roi d’Israël de soulever ses sujets contre lui : cette dénonciation força Amos de sortir de Béthel, après avoir prédit à Amasias que sa femme se prostituerait au milieu de Samarie ; que ses fils et ses filles périraient par le glaive ennemi, et qu’il mourrait lui-même dans une terre profane, loin du tombeau de ses pères : voilà tout ce qu’on sait de la vie de ce prophète. Les Grecs célèbrent sa fête le 25 juin, et les Latins, le 31 mars. Sa Prophétie contient 9 chapitres. Son style se ressent de l’état dans lequel il était né, et c’est ce qu’on reconnait aisément à une certaine rudesse, et surtout aux comparaisons prises dans la vie champêtre ; on y trouve néanmoins quelquefois des expressions vives et figurées, qui ne manquent point de grâce, On peut s’en convaincre par la peinture qu’il fait, au 6e chapitre, du luxe et de la volupté qui régnaient à Samarie. T-d.


AMOUDRU (Anatole). architecte, naquit à Dôle, le 6 janvier 1739. Après avoir passé deux ans à Dijon chez un architecte, il vint à Paris suivre les cours de Blondel. Admis au nombre des élèves de Louis, ses talents et son application lui méritèrent l’amitié de son maître qui l’emmena en Pologne, où il venait d’être appelé par les magnats pour dresser les plans et diriger la construction de plusieurs palais à Varsovie. Ce voyage ne fut point perdu pour l’instruction du jeune Amoudru. De retour en France, il ne tarda pas à être employé. C’est à lui que l’on doit le beau château de Fresnes, près de Vendôme, bâti en 1765. Il revint à Dôle en 1775, étudia le droit et se fit recevoir avocat au parlement. Toutefois il fut nommé quelque temps après architecte de la maitrise des eaux et forêts pour les provinces de l’Est, place qu’il remplit, sans abandonner son cabinet, jusqu’à la révolution. Élu premier maire de Dôle en 1790, il ne voulut point accepter une place qui devait le détourner de ses occupations habituelles ; mais ayant été réélu l’année suivante, il ne crut pas pouvoir résister plus longtemps au vœu de ses compatriotes. Bientôt il passa de la mairie au tribunal de l’arrondissement, et donna sa démission de juge en 1797, afin de se livrer entièrement à l’exécution du cadastre du territoire de Dôle, travail qui lui coûta dix années. Amoudru mourut le 8 mars 1812. Il avait épousé la nièce du général Lachiche, le premier auteur du projet du canal de jonction du Rhône au Rhin.( Voy ; Lachiche.) On lui doit : 1° Cadastre parcellaire de la ville de Dôle, ancienne capitale de la Franche-Comté, Dôle, 1808, in-4° : c’est un modèle en ce genre ; 2° des Mesures agraires en usage dans la Franche-Comté, de leurs rapports entre elles et avec le nouveau système métrique, in-8" de 34 pages. L’auteur y donne la véritable longueur du pied ancien de Bourgogne, dont il avait retrouvé l’étalon que l’on croyait perdu. Il a laissé manuscrite une Notice historique sur Dole,