Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 - Tome 9.djvu/582

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CUB vingt-trois enfants. Son éducation n’en fut pas moins soignée : en peu de temps, il fit des progrès rapides dans l’étude du droit, de l’histoire, de la rhétorique et de la poésie. À l’âge de vingt ans, les ouvrages de Luther et de Zwingle lui étant tombés entre les mains, il voulut embrasser leur réforme et se retirer en Allemagne ; mais l’évêque d’Yvrée le fit arrêter, et-le retint deux mois prisonnier. Curion n’en persista pas moins dans son projet. Il fit plus, il enleva les reliques de St. Agapet et de St. Tiburce. que possédait le monastère de Ste-Benigne, et substitua une Bible à ces objets de la vénération publique ; puis, craignant d’être découvert, il s’enfuit en Italie. Il séjourna pendant quelque temps à Milan, y fit en 1530 un mariage avantageux, et vint ensuite se ilxer à Casal. Ayant appris dans cette ville la mort de ses frères, dont les biens, assez considérables, avaient passé dans les mains ’ de la seule sœur qui lui restât, il voulut rentrer dans sa patrie pour y défendre ses droits ; mais la haine de sa sœur, et plus encore l’imprudence avec laquelle il attaqua publiquement un jacobin, lui suscitèrent de vifs désagréments. Ce moine, dans un sermon contre les hérétiques, avait mis sur le compte de Luther les opinions les plus répréhensibles. Curion, tirant de sa poche les œuvres du réformateur, confondit l’imposture du jacobin, que la populace indignée voulait lapider. Sur la plainte de· ce dernier, l’inquisiteur· de Turin fit a1rèter Curion. On le transféra successivement dans diverses prisons. La manière dont il parvint à s’évader mérite d’être rapportée. Ses gardiens lui avaient mis aux pieds de grosses entraves de bois, dont le poids lui occasionna aux jambes une entlm-e doulo1u-euse. Il obtint que, pour la guérir, on lui laissàt alternativement un pied en liberté. Alors, bourrant un de ses bas avec sa chemise entortillée autour d’un bâton, il se fit une fausse jambe, qu’il présenta le lendemain pour être enchaînée. Ainsi libre de ses mouvements, il sauta la nuit par une fenêtre médiocrement e’levée, puis escalada les mu1·s de sa prison. Curion a lui-même raconté cette aventure dans un petit dialogue intitulé Probus, pour répondre à ses détracteurs, qui l’accusaient d’avoir eu recours à la magie. Il s’enfuit à Salo, ensuite à Pavie, où il professa la littérature pendant trois ans. Toujours poursuivi parle saint office, il se réfugia successivement à Venise, Ferrare, Lucques. Enfin, convaincu qu’il ne trouverait de repos qu’en Suisse, il s’v rendit, et fut nommé, en 1547, professeiu· de belles-lettres à Bâle, place qu’il occupa jusqu’à. sa mort, arrivée le 24 novembre 1569. Nicéron donne les titres de trente-quatre ouvrages de Curion. Il en a cependant omis quelques-uns, entre autresun Commentaire sur le Brutus de Cicéron, Bâle, 1564, in-8°. Les plus importants de ces ouvrages sont : 1° Opuscula, Bâle (J. Oporin), 1544, 1571, in-8°. Ce recueil contient un petit traité intitulé : Araneus, sive de providentia Dei, imprimé séparément, Bâle, sans date, et NM, in-8’ ; un autre sur l’immortalité de l’àme, IX.

CUB 577 une paraphrase latine du commencement de l’Évangile de St. Jean, que Michel de la Roche a insérée dans ses Mémoires littéraires de la Grande-Bretagne ; un discours sur l’éducation chrétienne des enfants, que Curion a réimprimé dans son Institution de la religion chrétienne, et qui a été en outre traduit en anglais, et plusieurs autres pièces. 2° Christianœ religionis institution et brevis et dilucida (Bâle, Oporin), 1549, in-8° ; 11·aduite en italien, même lieu, date et format, et de l’italien en français, par G. D., 1561, in-8° ; 3° De amplitudine beati regni Dei dialogi, sive libri dao, 1554, in-8°. Cette première édition, très-rare et sans nom de lieu, est bien certainement due à lean Oporin de Bale, malgré les dénégations de Cu1·ion lui-même. Elle est dédiée à Sigismond-Auguste, roi de Pologne. La seconde édition, Gouda, André Burier, 1614 in-8°, est la plus belle ; il y en à une troisième de Francfort, 1617, in-8°. Dans cet ouvrage, un des plus célèbres de l’auteur, il s’ell’orce de prouver que le nombre des élus excède de beaucoup celui des réprouvés ; sans quoi, dit-il, la puissance de Satan surpasserait bientôt celle de Dieu. Il ajoute que les peuples qui n’ont point connu l’Évangile seront sauvés, pourvu qu’ils aient observé la loi naturelle. Pierre Paul Vergerio l’attaqua vivement sur ce dernier point, ce qui obligea · Ciuion de composer deux apologies, l’une en latin, l’autre en allemand. On trouve ces deux pièces au tome 12 des Aménités littéraires de Schelhom. Thomas Vicarsius ou de Vicariis et G. F. Gudius ont aussi réf uté l’ouvrage de Curion. 4° Selectarum epistolarum libri duo, Bâle, J. Opo1·in, 1553, in-8°, réimprimé avec les œuvres d’Olympia Fulvia Morata, Bâle, 1570, 1580, in-8° ; à la suite de ces lettres est un livre de discours pour et contre la monarchie. 5° Vita et doctrina Daoidis Georgii, hœresiarèhœ, Bale, 1559, in-4°* ; traduite en français, 1560, in-4° ; 6° Pasquilli cestatici de rebus ’ partim saperis partim intephomines in christiania rcligione passim hodie controversais, cum Horphorio · colloquium, sans date ni nom de lieu, in-8° ; première édition, 11·ès-rare et inconnue à Nicéron. La deuxième édition porte le titre suivant : Pasquillus ecstaticus, non, ille prior sed totus plane alter, auctuset eœpolitus, Genève, 1544, in-8°. Latroisième, la meilleure de toutes, et inconnue à Nicéron, est sans date ni nom de lieu (Bâle, Oporin), in-8°. Enfin la quatrième, Gai accedit Pasquillus theologaster, également omise par Nicéron, est de Genève, Pierre Colomiers, 1667, in-12. Toutes ces éditions présentent des différences. Ce livre, extrêmement recherché des curieux, a été traduit en italien : Pasquino in estasi nuovo e molto più pieno ch’il primo, Rome, sans date, in-8°. Le titre indique, , ou qu’il y en à une édition plus ancienne, ou que la traduction italienne a été faite sur l’édition de 1544. Il en existe une traduction allemande, 1543, in-8°, Amsterdam 1669, in-12. hûn la traduction t’rançaise, très-rare, porteletit1·esmivant : lesYi- 1 eionedePasquille ; l•jage1ae••¢ d’io•l••y·0¤Pu•- · 73