Page:Michel-Ange - L’Œuvre littéraire, trad. d’Agen, 1911.djvu/197

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CORRESPONDANCE

Je suis dans la plus grande affliction. J’ai encore Urbin au lit, bien malade. Je ne sais ce qui en résultera, et j’en souffre comme si c’était mon propre fils ; car il est resté fidèlement avec moi 25 années ; et comme je suis vieux, je n’ai plus le temps d’en dresser un autre, à ma guise. Je suis bien affligé… Si tu connais quelque bonne personne dévote, je te prie de la faire prier Dieu pour la santé de mon malade.

0000(Arch. Buonarroti.)


Rome, 4 décembre 1555.0000

Hier soir, 3 décembre, à 4 heures, François, dit Urbin, est passé de vie à trépas, pour mon plus grand malheur. J’en suis si affligé, si abattu, qu’il m’eût été plus doux de mourir avec lui, tant je lui portais d’affection. Et il la méritait bien, car il s’était fait homme de valeur, plein de foi et de loyauté. Il me semble que sa mort me laisse sans vie, et je ne me sens plus en paix. C’est pourquoi j’aimerais te revoir, mais je ne sais si l’affection de ta femme te permettra de te mettre en route. Informe-moi si, dans un mois ou un mois et demi, tu peux venir jusqu’ici, bien entendu, toujours avec la permission du duc.

0000(Ibid.)


Rome, 24 mai 1557.0000

Je suis vieux, comme tu sais, le corps plein de malaises, au point que je ne me sens pas bien loin de la mort. Si au mois de septembre je suis encore vivant, il faudra que tu viennes jusqu’ici pour arranger mes affaires, — les nôtres…

0000(Ibid.)


Décembre 1557.0000

J’ai appris la mort de la petite, et je n’en suis pas surpris ; parce qu’il n’y eut jamais, chez nous, plus d’un enfant à la fois.

0000(Ibid.)


20 mars 1560.0000

J’ai reçu les pois rouges et blancs et les haricots. Ils m’ont fait bien plaisir, encore qu’il me soit bien difficile de faire carême, vieux comme je le suis. Je t’ai écrit, il y a plus d’un mois, que tu viennes ici. Je te rappelle que, après la seconde quinzaine de mai prochain, je t’attendrai. Si tu ne peux venir, avise-m’en.

0000(Ibid.)


Rome, 21 août 1563.0000

Je vois par ta lettre que tu prêtes foi à certains envieux et méchants qui, ne pouvant m’escamoter ni me voler, t’écrivent des mensonges. C’est une poignée de gloutons. Et tu es assez sot pour ajouter foi à leurs histoires, comme si j’étais un enfant. Chasse-moi ces gens-là de devant, comme des scandaleux, des envieux et de tristes viveurs. Tu me parles de gouvernement tyrannique et d’autres choses. Quant au gouvernement, je te dirai que