Page:Michelet - Histoire de France - Lacroix 1880 tome 1.djvu/233

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« the engagement of the sprigs of the trees, or of devices, and their battle with the learned. » He could « delineate the elementary trees and reeds, » and tells us when the sprigs « were marked in the small tablet of devices they uttered their voice. » (Logan, II, 388).

Les arbres sont employés encore symboliquement par les Welsh et les Gaëls ; par exemple, le noisetier indique l’amour trahi. Le Calédonien Merlin (Talliesin est Cambrien) se plaint que « l’autorité des rameaux commence à être dédaignée. » Le mot irlandais aos, qui d’abord signifiait un arbre, s’appliquait à une personne lettrée : feadha, bois ou arbre, devient la désignation des prophètes, ou hommes sages. De même, en sanskrit, bôd hi signifie le figuier indien, et le bouddibte, le sage.

Les monuments celtiques semblent n’avoir pas été consacrés exclusivement au culte. C’était sur une pierre qu’on élisait le chef de clan (Voy. p. 165, note 1). Les enceintes de pierres servaient de cours de justice. On en a trouvé des traces en Écosse, en Irlande, dans les îles du Nord (King, I, 147 ; Martin’s Descr. of the Western isles), mais surtout en Suède et en Norwége. Les anciens poèmes erses nous apprennent, en effet, que les rites druidiques existaient parmi les Scandinaves, et que les druides bretons en obtinrent du secours dans le danger (Ossian’s Cathlin, II, p. 216, not. édit. 1765, t. II ; Warton, t. I).

Le plus vaste cercle druidique était celui d’Avebury ou Abury dans le Wiltshire. Il embrassait vingt-huit acres de terre entourés d’un fossé profond et d’un rempart de soixante-dix pieds. Un cercle extérieur, formé de cent pierres, enfermait deux autres cercles doubles extérieurs l’un à l’autre. Dans ceux-ci, la rangée extérieure contenait trente pierres, l’intérieure douze. Au centre de l’un des cercles étaient trois pierres, dans l’autre une pierre isolée ; deux avenues de pierres conduisaient à tout le monument (Voy. O’Higgin’s, Celtic druids).

Stonehenge, moins étendu, indiquait plus d’art. D’après Waltire, qui y campa plusieurs mois pour étudier (on a perdu les papiers de cet antiquaire enthousiaste, mais plein de sagacité et de profondeur), la rangée extérieure était de trente pierres droites ; le tout, en y comprenant l’autel et les impostes, se montait à cent trente-neuf pierres. Les impostes étaient assurés par des tenons. Il n’y a pas d’autre exemple dans les pays celtiques du style trilithe (sauf deux à Holmstad et à Drenthiem).