Page:Michelet - Histoire de France - Lacroix 1880 tome 1.djvu/407

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apprenait à écrire[1], chose fort rare alors. Il se piquait de bien chanter au lutrin, et remarquait impitoyablement les clercs qui s’acquittaient mal de cet office[2]. Il trouvait encore du temps pour observer ceux qui en-

  1. « Il s’essayait à écrire, et portait d’habitude sous son chevet des tablettes, afin de pouvoir, dans ses moments de loisir, s’exercer la main à tracer des lettres ; mais ce travail ne réussit guère ; il l’avait commencé trop tard. »

    Eginh, in Karol. M., c. xxv. « Il apprit la grammaire sous le diacre Pierre de Pise, et eut pour maître dans ses autres études, Albinus, surnommé Alcuin, également diacre, né en Bretagne, et de race saxonne, homme d’une science universelle, et sous la direction duquel il donna beaucoup de temps et de travail à la rhétorique et à la dialectique, mais surtout à l’astronomie. Il apprenait aussi le calcul, et étudiait le cours des astres, avec une curieuse et ardente sagacité. » — « Dans les dernières années de sa vie, il ne fit plus que de s’occuper de prières et d’aumônes et corriger des livres. La veille de sa mort, il avait soigneusement corrigé, avec des Grecs et des Syriens, les évangiles de saint Mathieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean. » Thegan. de Gestis Ludov. Pii, c. vii, ap. Scr. Fr. VI, 76. — Il envoya aussi, « à son meilleur ami, » le pape Adrien, un Psautier en latin, écrit en lettres d’or, et avec une dédicace en vers, (Eginh. ap. Script. Rer. Franc, t. V, p. 402.) Aussi l’ensevelit-on avec un Évangile d’or à la main. (Monach. Engolism. in Kar. M., ibid. 186.)

  2. « À une certaine fête, comme un jeune homme, parent du roi, chantait fort bien Alléluia, le roi dit à un évêque qui se trouvait là : « Il a bien chanté notre clerc ! » L’autre sot, prenant cela pour une plaisanterie, et ignorant que le clerc fût parent de l’empereur, répondit : « Les rustres en chantent autant à leurs bœufs. » À cette impertinente réponse, l’empereur lui lança un regard terrible, dont il tomba foudroyé. » Moine de Saint-Gall.

    Eginh. in Kar. M., c. xxvi. « Il perfectionna soigneusement la lecture et le chant sacrés, car il s’y entendait admirablement, quoiqu’il ne lût jamais lui-même en public, et qu’il ne chantât qu’à demi voix et en chœur. » — Mon. SangalL, l. I, c. vii.

    Jamais, dans la basilique du docte Charles, il ne fut besoin de