Page:Michelet - OC, Histoire de France, t. 2.djvu/224

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protégea efficacement. Dès lors, il eut pied dans le Midi. Par deux fois, il y fit une espèce de croisade en faveur de l’évêque de Clermont, qui se disait opprimé par le comte d’Auvergne. Les grands vassaux du Nord, comtes de Flandre, d’Anjou, de Bretagne, et plusieurs barons normands le suivirent volontiers. C’était un grand plaisir pour eux de faire une campagne dans le Midi. Les réclamations du comte de Poitiers, duc d’Aquitaine et suzerain du comte d’Auvergne, ne furent point écoutées. Quelques années après, l’évêque du Puy-en-Velay demanda un privilège au roi de France, prétextant l’absence de son seigneur, le comte de Toulouse, qui était alors à la terre sainte (1134).

On vit, dès l’an 1124, combien le roi de France était devenu puissant. L’empereur Henri V, excommunié au concile de Reims, gardait rancune aux évêques et au roi. Son gendre, Henri Beauclerc, l’engageait d’ailleurs à envahir la France. L’empereur en voulait, dit-on, à la ville de Reims. À l’instant toutes les milices s’armèrent[1]. Les grands seigneurs envoyèrent leurs hommes. Le duc de Bourgogne, le comte de Nevers, celui de Vermandois, le comte même de Champagne, qui faisait alors la guerre à Louis-le-Gros en faveur du roi normand, les comtes de Flandre, de Bretagne, d’Aquitaine, d’Anjou, accoururent contre les Allemands, qui n’osèrent pas avancer. Cette unanimité de la France du Nord, sous Louis-le-Gros, contre l’Allemagne semblait annoncer, un siècle d’avance, la vic-

  1. Suger.