Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/105

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leur fixer une solde. Il y avait un avantage, sans nul doute, et dans deux sens, à donner des cadres militaires à ces masses confuses dont une partie, s’écoulant vers l’armée, aurait allégé Paris.

Le 29, à quatre heures du soir, dans une belle journée d’août, la générale battit, chacun fut averti de rentrer chez soi à six heures précises, et Paris, tout à l’heure si animé, si populeux, en un moment se trouva comme désert. Toute boutique fermée, toute porte close. Les barrières étaient gardées, la rivière gardée. Les visites ne commencèrent qu’à une heure du matin. Chaque rue fut cernée, occupée de fortes patrouilles, chacune de soixante hommes ; les commissaires de sections montaient dans chaque maison et à chaque étage frappaient : « Au nom de la loi !… » Ces voix, ces coups frappés aux portes, le bruit de celles des absents qu’on ouvrait de force, retentissaient dans la nuit d’une manière effrayante. On saisit deux mille fusils, on arrêta environ trois mille personnes, qui furent généralement relâchées le lendemain. L’effet voulu fut obtenu : les royalistes tremblèrent. Rien ne le prouve mieux que le récit d’un des leurs, Peltier, écrivain menteur, s’il en fut, partout médiocre, mais ici sincère, éloquent, admirable de vérité et de peur. Tous les autres historiens l’ont fidèlement copié.

Cette visite ne fit, au reste, que régulariser par l’autorité publique ce que le peuple faisait déjà irrégulièrement de lui-même. Déjà, sur les bruits qui couraient que certains hôtels recelaient des dépôts