Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/235

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Cambon s’exprima alors avec l’indignation profonde de la vertu outragée : « On dit, on affiche que quatre cents députés sont des traîtres, et nous resterions ici à nous le dire à l’oreille !… Non, non, mourons s’il le faut, mais que la France soit sauvée !… La souveraineté est usurpée… Par qui ? Par trente ou quarante personnes que soudoie la nation… Que tous les citoyens s'arment ! Requérons la force armée !… Elle écrasera ces gens de boue qui vendent la liberté pour de l’or… Je demande que les autorités comparaissent à la barre, que l’Assemblée leur dise l’état de Paris et leur rappelle leur serment. »

Cette violente sortie, où l’homme le plus considéré pour la probité semblait faire appel aux armes contre la Commune, était moins terrible encore en elle-même que par l’occasion qui l’avait amenée ; l’occasion n’était pas moins que le vol du Garde-Meuble. L’affaire du canon d’argent, celle de l’argenterie enlevée, celle de l’agate de Sergent, un grand nombre de saisies illégales d’objets précieux, l’absence d’ordre aussi et de comptabilité, ne rendaient que trop vraisemblable cette accusation (en réalité injuste).

Ce jour même, 17 septembre, Danton crut la Commune assez affaiblie et devint audacieux. Sans s’inquiéter de ce que dirait le comité de surveillance ni des aboiements de Marat, il renvoya l’affaire de Duport, non au tribunal extraordinaire, comme il l’avait dit lui-même, mais tout simple-