Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/327

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Il s’était déclaré lui-même et reconnu menteur, dès 1791, par sa propre déclaration de Varennes, dégradé de son sacre : « Un roi ne ment jamais. » La France, en 1792, le croyait traître, complice de l’invasion. Elle était, en grande majorité, sinon républicaine, du moins anti-royaliste, de colère et d’indignation. Déchu et méprisé, le roi restait par terre, à moins que la Révolution elle-même ne le relevât par l’échafaud.

La France n’avait qu’un danger réel, c’était le schisme. Schisme religieux dans l’Ouest, la guerre des prêtres qui armait le peuple contre le peuple.

Schisme politique au sein de la Convention, entre les républicains et les républicains. Ce concile, convoqué pour assurer l’unité de la France, en écrivant son nouveau dogme, fut tout d’abord violemment déchiré par la discorde et l’hérésie.

Où était le cœur de la France, sinon dans la Convention ? Et qu’adviendrait-il de la vie, dans chaque être, si au cœur même, au centre de l’unité vitale, d’un être il allait s’en faire deux ?… Nul mal plus voisin de la mort.

Même avant d’être, elle était divisée. Elle n’ouvrit qu’au 21 septembre, et les jours précédents, pendant que les représentants arrivaient à Paris, les noms de royalistes et d’hommes de septembre commencèrent à s’échanger entre eux. Du futur côté gauche au futur côté droit volaient déjà ces appellations meurtrières. On pouvait voir déjà en esprit l’infranchissable ruisseau de sang qui coulerait dans