Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/376

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


les protecteurs de Duprat et de Mainvielle. Rebecqui les ramena triomphants dans Avignon, et, dans leur reconnaissance, ils firent nommer Barbaroux membre de la Convention. Jean Duprat, élu aussi, Mainvielle, nommé suppléant, siégèrent au sein de la Gironde. Il n’était nullement sûr que Danton eût fait septembre ; mais il était certain que Mainvielle, autant et plus que personne, avait fait la Glacière. Pourquoi les Girondins avaient-ils amnistié les hommes de la Glacière ? Parce que les royalistes auraient tiré trop d’avantages de cette lutte intérieure des amis de la Révolution. Le même motif devait les obliger, dans une crise bien plus dangereuse, à ajourner les poursuites de septembre, à limiter et circonscrire ces poursuites, à n’y pas comprendre surtout un homme qui était leur rival d’éloquence et d’influence, un homme en qui était au plus haut degré le génie de l’action, et qu’on ne pouvait perdre sans compromettre les destinées de la Révolution et risquer de perdre la France.

Le mot de Danton sur Roland et Madame Roland porta au comble l’aigreur de ses ennemis. Les Girondins n’avaient pas insisté près de l’Assemblée pour qu’elle invitât Roland à rester au ministère ; et, dans la réalité, il y avait pour lui avantage à n’y pas rester en titre, à y mettre quelqu’un du parti, par qui il aurait administré de même, sans être aussi exposé aux coups de la presse. Le mot de Danton changea tout ; les Roland, mis en demeure sur l’article du courage, décidèrent de rester, quoi