Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/440

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gémissaient, se battaient la poitrine. Fox, qui, ayant moins peur, était moins converti, hasarda de leur demander pourquoi, si peu émus des progrès effrayants des rois, les voyant froidement partager la Pologne, ils se montraient si terriblement inquiets des progrès de la liberté. Il les adjura, en ce moment solennel où il s’agissait de commencer une guerre immense, infinie, dont personne ne verrait la fin, d’examiner encore, d’envoyer à Paris, de savoir si vraiment les griefs étaient tels entre les deux nations que, pour les laver, il fallût qu’on exterminât l’une ou l’autre.

Il n’y avait rien à gagner avec des gens qui n’étaient plus à eux, qui voyaient l’enfer tout ouvert de l’autre côté du détroit, l’enfer des Jacobins, comme on disait : les sabbats jacobites, qui croyaient, à chaque marée, voir débarquer enfer, diables et sabbats. Bien plus, ils se tâtaient eux-mêmes, se faisaient une horrible peur de la contagion des petits clubs à la française qui se formaient dans Londres. Ils tremblaient de se sentir pris par l’épidémie, et volontiers auraient pratiqué sur eux des exorcismes et des fumigations, comme plus tard faisait Souwarow pour chasser le diable du corps de ses prisonniers jacobins.

Un mot surtout, un mot les avait saisis de terreur, fait sortir de toutes leurs hypocrisies libérales, fait jaillir d’eux leur vraie nature et le fond de leur être (l’aristocratie). C’est le mot que Grégoire, comme président de la Convention, avait adressé en réponse