Page:Michelet - OC, Histoire de la Révolution française, t. 4.djvu/488

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Robespierre ; cent témoins le voyaient chaque matin venir prendre le mot d’ordre à la maison Duplay, rue Saint-Honoré.

2° Le second mensonge, plus effronté encore, et qu’on pouvait réfuter à l’heure même par preuve écrite et par acte authentique, par le Procès-verbal de la Commune (que nous avons sous les yeux), était celui-ci : « On a insinué que j’avais compromis la sûreté de quelques députés en les dénonçant à la Commune durant les exécutions. J’ai répondu à cette infamie en rappelant que j’avais cessé d’aller à la Commune avant ces exécutions… » — Le procès-verbal constate que le 1er septembre et le 2, durant les exécutions, Robespierre était à la Commune et qu’il y dénonçait. Que signifie le mot avant et qu’importe-t-il ? Il ne s’agit pas de savoir s’il y vint avant (le 31 août, par exemple), mais bien si, la veille, le 1er septembre, le jour des préparatifs, si le 2, le jour des exécutions, durant les exécutions, il vint, dénonça et, de la langue, égorgea ses ennemis.

Louvet, Barbaroux, qui demandaient la parole, allaient sans doute dire ceci ; la Gironde allait triompher. La masse de la Convention ne le permit pas. Un homme d’infiniment d’esprit, né pour aider toujours la force, vit qu’elle était ici dans cette masse envieuse de la Convention, dans les cinq cents députés neutres, et il flatta le centre. C’était le Béarnais Barère. Avec la prestesse et l’agilité d’un leste danseur béarnais, il lança à Robespierre un