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LIVRE III



XIV

Mme ROLAND (91-92)


Pour vouloir la République, l’inspirer, la faire, ce n’était pas assez d’un noble cœur et d’un grand esprit. Il fallait encore une chose… Et quelle ? Être jeune, avoir cette jeunesse d’âme, cette chaleur de sang, cet aveuglement fécond qui voit déjà dans le monde ce qui n’est encore qu’en l’âme, et qui, le voyant, le crée… Il fallait avoir la foi.

Il fallait une certaine harmonie, non seulement de volonté et d’idées, mais d’habitudes et de mœurs républicaines ; avoir en soi la république intérieure, la république morale, la seule qui légitime et fonde la république politique ; je veux dire posséder le gouvernement de soi-même, sa propre démocratie, trouver sa liberté dans l’obéissance au devoir. Et il fallait encore, chose qui semblait contradictoire, qu’une telle âme, vertueuse et forte, eût un moment