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LES FEMMES DE LA RÉVOLUTION

agents que vous êtes dans le cas d’employer, tous n’ont pas beoin d’une égale capacité. — Eh ! connaissez-vous bien Robert ? demanda Dumouriez. — Je connais beaucoup Kéralio, le père de sa femme ; homme infiniment respectable : j’ai vu chez lui Robert ; je sais qu’on lui reproche quelque travers ; mais je le crois honnête, ayant un excellent cœur, pénétré d’un vrai civisme, et ayant besoin d’être employé. — Je n’emploie pas un fou semblable. — Mais vous avez promis à sa femme. – Sans doute, une place inférieure de mille écus d’appointements, dont il n’a pas voulu. Savez-vous ce qu’il me demande ? l’ambassade de Constantinople ! – L’ambassade de Constantinople s’écria Brissot en riant ; cela n’est pas possible. — Cela est ainsi. — Je n’ai plus rien à dire. — Ni moi, ajoute Dumouriez, sinon que je fais rouler ce tonneau jusqu’à la rue s’il se représente chez moi, et que j’interdis ma porte à sa femme. »

« Mme Robert revint encore chez moi ; je voulais m’en défaire absolument, mais sans éclat ; et je ne pouvais employer qu’une manière conforme à ma franchise. Elle se plaignit beaucoup de Dumouriez, de ses lenteurs ; je lui dis que je lui avais parlé, mais que je ne devais pas lui dissimuler qu’elle avait des ennemis, qui répandaient de mauvais bruits sur son compte ; que je l’engageais à remonter à la source pour les détruire, afin qu’un homme public ne s’exposât point aux reproches des malveillants en employant une personne qu’environnaient des préjugés défavorables ; qu’elle ne devait avoir besoin sur cela que d’explications que je l’invitais à