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LES GÉNÉRAUX DE LA RÉPUBLIQUE

fait des choses de la guerre, avaient écouté trop facilement d’infâmes accusations et soupçonné Kléber lui-même. Il ne s’agissait pas moins que de l’enlever la nuit et de l’envoyer au tribunal révolutionnaire. On l’avertit. Il haussa les épaules. Sans peur, mais plein d’indignation, il s’en va à minuit, entre tout droit, sans avertir personne, chez les représentants. Ils ne se couchaient point. Il les trouve tout habillés, étendus sur un canapé, dans la plus pénible rêverie. La chambre était peu éclairée. Kléber, sans dire un mot, se promène de long en large, enveloppé de son manteau. Sa noble et fière figure, qui portait la tête si haut, les fit rougir d’avoir un moment douté d’un tel homme. Au bout de dix minutes, ils se lèvent émus, et, lui prenant la main : « Allons, Kléber, vive la République ! »