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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

IV


On se tromperait si l’on considérait la révolution italienne comme un simple écho, une émanation de celle de Février. D’abord elle est antérieure. Les premiers mouvements de Gênes se manifestèrent en septembre 1847. L’explosion de la Sicile se fit le 12 janvier. Le 3 et le 4 janvier, eut lieu à Milan l’indigne massacre d’une population sans armes ; le prétexte en fut, comme on sait, la guerre de mépris, de risée que les Italiens faisaient aux ignobles fumeurs allemands.

Les mouvements de Paris, pour l’aspect comme pour la cause, différèrent infiniment de ceux des villes italiennes. Nos ouvriers raisonneurs, avec la grande tradition militaire qui est en France, combattaient aux barricades avec moins d’émotion. Que voulaient-ils ? Principalement une organisation meilleure du travail, de la société matérielle. Les Italiens, bien plus jeunes dans la voie des révolutions, avaient à conquérir trois choses : l’indépen-