Page:Michelet - OC, Les Femmes de la Révolution, Les Soldats de la Révolution.djvu/455

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
453
MAMELI

VIII


Personne ne calcula les chances. Tout s’était assombri dans cette année funèbre. La France, depuis juin 1848, restait assise à terre, muette sous son crêpe noir. Les révolutions discordantes de l’Europe se combattaient entre elles. Le Danube offrait l’affreuse scène d’un grand combat de frères, comme celui où les vieilles tribus barbares s’exterminèrent entre elles sur le corps d’Attila.

L’Italie elle-même manquait. Alors Rome commence. « Nous nous levons alors » comme dit le grand Corneille. Ou encore, le mot de sa Médée : « Moi, dis-je, et c’est assez. »

Le nom seul, le grand nom de Rome jeta tous les cœurs italiens dans un vertige de joie. Tous paraissaient sentir d’instinct que la question du monde allait se vider là, qu’une révélation en surgirait, une grande et nouvelle lumière sur la situation du genre humain. Les collines saintes de Rome sont les seules