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IX

LES SALONS. — Mme DE CONDORCET


Presque en face des Tuileries, sur l’autre rive, en vue du pavillon de Flore et du salon royaliste de Mme de Lamballe, est le palais de la Monnaie. Là fut un autre salon, celui de M. de Condorcet, qu’un contemporain appelle le foyer de la Republique.

Ce salon européen de l’illustre secrétaire de l’Académie des Sciences vit en effet se concentrer, de tous les points du monde, la pensée républicaine du temps. Elle y fermenta, y prit corps et figure, y trouva ses formules. Pour l’initiative et l’idée première, elle appartenait, nous l’avons vu, dès 89, à Camille Desmoulins. En juin 91, Bonneville et les Cordeliers ont poussé le premier cri.

Le dernier des philosophes du grand dix-huitième siècle, celui qui survivait à tous pour voir leurs théories lancées dans le champ des réalités, était M. de Condorcet, secrétaire de l’Académie des Sciences, le successeur de d’Alembert, le dernier