Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/186

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de sa tribu), et avait sa capitale dans l’île de Rügen (Rana). Sa domination s’étendit jusqu’à l’Oder, et même en Poméranie, jusqu’aux bouches de la Vistule. Mais le vieux roi Kruk fut bientôt renversé par son compétiteur le chef chrétien Gottschalk, qui, après avoir séduit sa jeune femme, la princesse Salwida, le tua et s’empara de tout son empire. Les fils du roi Kruk, en se faisant mutuellement la guerre, perdirent tout ; avec eux s’éteignit une dynastie qui, à son origine, avait jeté quelque éclat. Un des fils de Gottschalk fut proclamé roi des Slaves à Lubeck (Bukowiez). Il prit ce titre pour éviter les jalousies entre les diverses peuplades. Mais ce royaume slave n’eut pas une longue durée. Ses deux derniers rois furent Sibislas (Przybyslaw) et Niklot. Ils étaient à la tête du parti païen dans la guerre contre les Allemands, et ils succombèrent sous la puissance du marquis de Brandebourg. Niklot périt dans une bataille ; Sibislas se fit chrétien, prit le titre de duc de Saxe, et fut le fondateur de la maison de Mecklembourg. C’est la seule famille régnante aujourd’hui dont l’origine soit purement slave.

Au xiie siècle, trois chefs d’armées ont porté le dernier coup à l’indépendance des Slaves transelbiens. Ces princes sont Henri-le-Lion, duc de Saxe, Albert l’Ours, duc de Magdebourg, et Boleslas iii, Bouche-de-Travers, roi de Pologne. Les deux Allemands surtout, dont les surnoms expriment bien le caractère, furent des persécuteurs les plus acharnés des Slaves.

De toutes ces nations qui se présentaient souvent sur les champs de bataille avec cent ou deux cent