Page:Migne - Encyclopédie théologique - Tome 31.djvu/47

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
89
90
ABS ABS

cation la plus énergique. Il faut au confesscur une connaissance profondede l’habitude, de ses différentes espèces et des moyens de la guérir. L’absolution donnée trop facilement à un habiludinaire ne servirait qu’à forlifier le mal. Mais aussi différée trop longtemps, elle peut avoir un grave inconvénient, c’est de jeter le pécheur dans le découragement. C’est donc dans un sage tempérament que se trouve la véritable pratique du sacrement de pénitence. Mais comme nous ne pouvons traiter cette question incidemment, nous renvoyons au mot Habitude, où nous parlons de sa nature de ses différentes espèces, de son influence sur les actes humains, et des remèJcs qu’on doit employer pour la détruire.

§ 5. De l’absolution de ceux qui sont dans l’occasion prochaine du péché mortel.

32. Au mot Occasion nous en avons retracé la nature et les différentes espèces prescrit les règles de conduite qu’on doit tenir dans les différentes occasions. Nous devons ajouter ici quelques mots relativement à l’absolution. Nous devons avant tout distinguer les occasions de péché mortel en deux classes. Les unes sont communes, ordinaires ; les autres sont très-dangereuses, parce qu’elles portent avec elles un appât presque irrésistible.

L’occasion de la dernière es-

pèce est celle que saint Charles appelle in essere c’est quand on a dans sa maison une personne avec laquelle. on a coutume de pécher. Quand cette occasion est prochaine, il faut en exiger rigoureusement l’éloignement, ce sera faire acte d’une véritable cumpassion ; la condescendance serait une cruauté-Quelque promesse que le pénitent fasse de la quitter, le confesseur ne doit pas ajouter foi à ses paroles. 11 doit t’obliger à les exécuter d’abord, et à revenir ensuite recevoir l’absolution car il s’agit d’un objet séduisant, toujours présent, qui lui est un appât continuel pour le péché, non-seulementd’omission, en ne le quittant pas, mais encore d’action, par de nouvelles laules formelles interues ou externes. Si, dans quelques cis particuliers, on ne pouvait éloigner une telle occasion, à cause d’une impuissance physique ou morale, du danger d’infamie, du scandale, d’un dommage considérable, alors, 1vant d’absoudre le pénitent, il faut chercher les moyens de la rendre éloignée, essayer s’il y aura quelque amendement. Quand on ne jeu ! sans inconvénient différer l’ahsoiuliin mur quelque temps, on peut absoudre alois e pénitent sur sa promesse, pourvu qu’il se repente véritablement, et qu’il soit prêt à accepter les remèdes nécessaires, comme de le plus rester sans cesse avec cette personne, te faire quelque mortificatiun, surtout du nier souvent et de fréquenter les sacr.nents. Telle est à cet égard la rioitrine de aint Charles dans ses avis aux confesseurs. 33.Quant à l’éloignetnent des autres occaions de péché, quoiqu’il convienne de tâi her (1) Mais un pcuiicni qui a nnn|iic deux ou trois fuis dus cru sur sa ào :; le i>rule.

deles faire évilcr avant I’abso !u(ion, toutefois, selon saint Charles, le confesseur peut une ou deux fois absoudre le pénitent sur la promesse qu’il fait de les éloigner. Nous ne disons pas deux fois, mais toutes les fois que le conf : sseur, ne pouvant douter prudernment de la sincérité de ses promesses, aura un motif de ne pas différer l’absolution par exemple, s’il ne pouvait pendant quelque temps revenir se confesser. Alors, au lieu de lui différer l’absolution, le confesseur emploiera tout son zèle à augmenter en lui la douleur et le ferme propos, et à lui fournir les moyens, les motifs et les exemples carables de l’engager à s’acqu tter de sou devoir (l). El ce serait un relâchementsi, après que le pénitent a ainsi manqué plusieurs fois à ses promesses, le confesseur continuait à l’absoudre sans épreuve et sans nécessité. § 6. De l’absolu. ion de ceux demi contrition n’est pas certaine.

34. La contrition est la partie la plus essentielle du sacrement de pénitence ; rien ne peutt la su pi léiLe confesseur doit donc «voir des preuves de son existence. Au mol Contuitios n. 31 et suiv., nous donnons les marques ou caractères d’une véritable contrition. Nous devons ajouter ici quelques mots, d’abord sur la contrition en général comne préliminaire de l’absolution, ensuite sur la conduite que doit tenir le confesseur lorsque le pénitent donne des marques extraordinaires de repentir.

3).

« Le confesseur trop- indulgent se con !ente, pour absoudre le coupable, que ce- ,lui-ci proteste qu’il se repent, sans examiner s’il n’y a pas lieu de présumer le contraire. Le confesseur rigide, non content de ne voir aucun motif prudent pour soupçonner quele pénitent le trompe, veut que sa disposition soit évidente ; avoir péché par le passé et pouvoir pécher à l’avenir sont pour lui des motifs de suumeltre son pénitent à de longues épreuves. Le confesseur prudent, avant que d’ajouter foi aux protestations du coupable, examine s’il y a quelque circonstance qui lui fasse douter prudemment de la suffisance de sa disposition ; en ce cas, il l’aide à se mieux disposer s’il n’y réussit point, il diffère l’absolution mais il la donne s’il n’a point de bonne raison pour se défier Je la sincérité de son repentir. Ainsi l’enseigne le Catéchi m romain (de Pœnit., n. 82) Si audita eonfessione jurlicaverit, neque in jnumemndispeccatis diligentiam, nee in detestandis dolorem pœnittnti omnino defuissr, ibsohi poterit. Voilà la certitude morale ]u doit procurer et qui doit lui suffire dans

e sacrement, puisque, selon saint Thomas

2--i, q. 27, art. 9, ad 2) Cerlitudo non est limiliter quœrenda in omnibus

sed in una-

fuaqtie materia secundum prvpriwn modum. ’Juia vero materia prudentim s tint singularia •ontingtntiu, circa qum saut operullones hunanœ ; non polest certitudo prudentiœ tanin

sse, ijU’/il omninu sollicitudo tollatur. Et le

à sa promesse, pouvant l’accomplir, doit n’être