Page:Mirbeau - À M. Brisson, paru dans L’Aurore, 14 septembre 1898.djvu/5

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Dans la lutte qui va continuer, plus sauvage et plus désespérée, vous aurez à subir bien des assauts encore ; on dressera contre vous bien des embûches, et vous sentirez, plus d’une fois, passer sur vous le vent de la haine homicide. Ne vous laissez troubler ni par les cris, ni par les pires outrages, ni par les menaces d’où qu’elles viennent, d’en haut ou d’en bas. De quelques amertumes qu’on vous abreuve, à quelques perfidies que vous vous heurtiez, quelques défections, peut-être, qui vous attendent, demeurez ferme dans votre devoir, et poursuivez, d’un cœur fort et tranquille, l’œuvre nécessaire. Et quand même tous, autour de vous, vous abandonneraient, restez debout, seul contre tous : … vous triompherez.