Page:Mirbeau - La Vache tachetée.djvu/199

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En attendant l’omnibus


Depuis une heure, sur les boulevards, à une station, j’attendais l’omnibus de Batignolles-Montparnasse. J’avais un rendez-vous d’affaires important et pressé, un rendez-vous, ma foi ! qu’il m’eût été désastreux de manquer, car toute ma petite fortune acquise à force de privations et d’économies y était en jeu. Mais mes moyens ne me permettent pas de prendre un fiacre, et me le permettraient-ils que je n’en prendrais pas davantage. Je trouve que c’est du gaspillage. Quand je pense qu’il existe des gens assez dépensiers, des pères de famille même, pour se payer des fiacres, alors que Paris, tout entier est couvert de lignes d’omnibus, eh bien ! cela ne me donne pas une haute idée de leurs vertus domestiques.

J’attendais donc l’omnibus. Et je l’attendais bien respectueux de tous les règlements ad-