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LÉON BLOY


Je chemine au-devant de mes pensées en exil dans une grande colonne de silence.
Léon Bloy.


On parlait dernièrement, dans une élégante réunion d’hommes de lettres, de Léon Bloy et de son nouveau livre : La Femme pauvre, autour duquel la lâcheté des uns, la rancune des autres et l’incompréhension du plus grand nombre établissent une vaste zone de solitude et de silence, comme autour de la maison où meurt un pestiféré. Il n’y avait à cette réunion que de fort célèbres personnages, féministes gâteux, et pâteux psychologues, le col serré par une cravate à triple torsion, la boutonnière fleurie de toutes les légions d’honneur, et qui « tirent à dix mille exemplaires, pour le moins », de petites histoires tristement « cochonnes », où s’exalte l’âme des femmes de chambre, les seules aujourd’hui qui osent affronter