Page:Mirbeau - Les Écrivains (deuxième série).djvu/178

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



À UN MAGISTRAT


J’ai appris, par une brève dépêche du Journal et par une lettre pas beaucoup plus explicative d’un ami, que mon livre : le Jardin des supplices, avait été saisi dans toutes les librairies de Bruges, en compagnie des livres de Camille Lemonnier et de Georges Eekhoud, bons camarades d’infortune. Il faut croire que Bruges-la-Morte n’est pas si morte qu’on le dit et que, lorsqu’il s’agit d’arbitraire et de sottise, elle sait se réveiller et secouer les poussières de son tombeau.

L’année dernière, les Mauvais bergers furent interdits à Anvers — qu’on me pardonne cette petite satisfaction d’auteur — en plein succès. Il paraît que les armateurs allemands, qui sont maîtres de la ville et, comme jadis les Espagnols, y dictent la loi, ne pouvaient supporter une telle insolence prolétarienne. Ils furent effrayés de ce