Page:Mirbeau - Les Écrivains (deuxième série).djvu/238

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SUR LES ACADÉMIES


J’ai eu, un de ces soirs derniers, une bonne fortune rare, assez rare pour que je sois tenté d’en fixer le souvenir… J’ai rencontré un homme d’esprit libre et juste, qui se garde, dans ses jugements sur les choses et sur les gens, de toutes exagérations, dans un sens ou dans l’autre, et qui n’a réellement qu’une passion dans la vie : le bien public… Il se nomme W. G…, et bien qu’il ait plus de cinquante ans, ce qui veut dire qu’il a dû en rencontrer, dans la vie, des saletés de toute sorte, il reste ferme dans son amour et conserve intactes ses illusions d’une régénération, non seulement sociale, mais humaine… Je me suis contenté d’inscrire ses initiales, ne voulant pas livrer le nom complet de ce phénomène à la malignité des hommes d’esprit… d’esprit tout court… car, en